Nice-Matin vendredi 5 mars 2010
EDUCATION Nossif, l’association remontée contre un choix d’implantation qu’elle juge « aberrant », prépare plusieurs actions pour rallier les Vençois à sa cause.
«Oui au second collège à Vence. Non au site de la Ferrage. » Le message s’affiche en grosses lettres sur la banderole déroulée dans la salle de réunion des pompiers.
Malgré la concurrence déloyale des footeux scotchés devant France-Espagne, ils sont une trentaine à assister à la naissance de Nossif. Une association déterminée à tuer dans l’oeuf la construction d’un nouvel établissement scolaire en plein centre-ville. Jusqu’ici rassemblés au sein d’un collectif animé par Louis Rodolphe, les pourfendeurs d’un projet loin de faire l’unanimité seront identifiés de manière officielle.
« Du bricolage dès le départ… »
Mardi soir, entre la présentation des statuts et le vote pour le conseil d’administration, l’heure était à la mobilisation.
Et même si tous les violons n’étaient pas accordés, l’objectif était clair : « L’idée d’un collège à la Ferrage, c’est une aberration, c’est fou! Il faut fédérer toutes les bonnes volontés contre ce projet », haranguait Louis Rodolphe, qui allait être élu président quelques minutes plus tard.
Impact sur la circulation, « déjà problématique sur cet axe ». Suppression de places de stationnement à un endroit stratégique. Conditions d’accès et d’entraînement dégradées pour les associations sportives. Diminution des espaces pédagogiques pour les séances d’EPS.
Tout est revenu sur le tapis. Les récalcitrants de la première heure ont gardé la même ligne directrice (notre édition du 17 février). Et d’autres inquiétudes ont surgi. « Leur idée, ce serait de mutualiser la cantine avec celle de l’école… » lance-t-on à la tribune.

Réactions vives dans la salle. « Oh, mais c’est débile! Ça dépasse l’entendement ».
Ancienne conseillère régionale, Odette Boivin avançait sur un autre point : « il ne faut pas oublier que le Plan local d’habitat prévoit la construction de 104 logements par an, pendant six ans. Ainsi que 74 à Saint-Jeannet. Et il n’y aura pas que des personnes âgées ». Et de poursuivre. « On parle de bricolage, dès le départ. Alors que c’est un équipement capital pour la jeunesse. »
Conseiller municipal d’opposition, Jean-Pierre Cochat criait aussi au bourrage. Non pas d’urnes mais d’élèves. «L’architecte a pris les normes d’un collège « 600″ en pensant qu’il y aurait la place pour 100 de plus. »
Dans la foule, d’autres doutes subsistaient. « On ne sait pas où en est la ville dans sa réflexion. »
Sur le terrain après les régionales
Nossif, pour « Non au site de la Ferrage » (pour le deuxième collège, ndlr), va donc rassembler ses forces pour faire obstacle aux plans du conseil général. Lors de l’AG constitutive, trente-deux personnes se sont acquittées de leur cotisation. Autant dire qu’on en attend bien plus du côté des responsables. Avant d’aller sur le terrain, ces derniers ont dû composer avec une petite mésentente de dernière minute. Certains adhérents n’étant pas d’accord sur un point: fallait-il ou pas laisser la possibilité à des élus de faire partie du bureau? Le « non » l’emportait lors d’un rapide vote à main levée.
En se présentant comme apolitique – sans renier le soutien de certains encartés de divers bords -, l’association espère éviter les clivages et les a priori face aux décideurs.
Les premières actions de Nossif auront lieu après les Régionales, « pour éviter toute confusion », dixit Louis Rodolphe. Une manifestation populaire devant la mairie et sur le pas-de-porte de la préfecture ou du conseil général est également prévue.
JIMMY BOURSICOT jboursicotenicematin.fr
Savoir +
Rens: www.nossif.net
Composition du bureau : Louis Rodolphe, président ; Michel Nativel, secrétaire ; Sylvie-Anne Vallée, trésorière.
Fabien Petitpas, Anne Lacotte, Francis Ferrero, Daniel Belluot, Jean-Claude Cochat, Pierre Rondot, Odette Boivin, Jean-Louis Fiori, Christian Lamour et Valérie Dorchies-Chaptinel complètent l’équipe du conseil d’administration.
Dialogue ouvert avec l’inspection d’académie
Ils avaient décidé de se déplacer en masse. L’inspecteur d’académie n’a pas accepté cette configuration. C’est à quatre que les représentants de Nossif ont plaidé leur cause. « Il était à l’écoute, on a pu dialoguer pendant presque deux heures. Je crois que l’inspecteur a convenu de la nécessité de prévoir un collège « 700′: Ca nous conforte dans notre argumentation. Sur le gymnase, il a semblé convenir qu’il fallait impérativement avoir une structure de type « C’: Son point de vue expert est à enregistrer, même s’il nous a fait comprendre que la décision ne lui appartenait pas… » indique Louis Rodolphe.
« La question de la sécurité a aussi attiré son attention. Avoir un collège avec trois étages cle voitures empilées sous les dalles, ça peut poser problème. »
Une démarche qui pourrait en appeler une autre, Nossif envisageant d’obtenir une entrevue avec Eric Ciotti, président du conseil général. D’ici là, Louis Rodolphe aimerait marquer le coup. « Pourquoi pas faire une course relais sur la place du Grand-Jardin. On ferait 700 tours, pour les 700 élèves. »